AU NIGERIA, 2 MILLIONS DE PERSONNES RÉFUGIÉES ET DÉPLACÉES

Au Nigeria, plus de 2 millions de personnes* ont été contraintes de tout laisser derrière elles, sous la menace du groupe armé Boko Haram. Si 200 000 personnes** ont pu se réfugier au Cameroun, au Niger ou au Tchad, 1,8 million** ont fui vers d’autres régions du Nigeria pour tenter de regagner des proches ou des centres d’accueil d’urgence, déplacées à l’intérieur de leur propre pays.

Les combats et les déplacements massifs qu’ils ont entraînés ont asphyxié l’économie de l’Etat de Borno, au Nord-Est du Nigeria, touchant non seulement les personnes déplacées mais l’ensemble de la population. Les agriculteurs ne peuvent plus accéder à leurs champs, les principales routes commerciales sont coupées ou très dangereuses, les prix ont flambé… Selon OCHA, 5,1 millions de personnes sont aujourd’hui dans une situation “d’insécurité alimentaire grave” – en d’autres termes, elles n’ont plus assez à manger et risquent de mourir de faim si la situation s’aggrave. Pour des millions de personnes touchées par ces déplacements massifs, il est donc vital d’apporter une aide alimentaire le plus vite possible ainsi qu’une protection.
Sources : * UNHCR / ** OCHA

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Urgence alimentaire

Les populations déplacées comme celles qui ont trouvé refuge à Ngala et Gambaru, deux villes proches de la frontière camerounaise, se retrouvent privées de leurs moyens de subsistance – leurs champs, leurs outils, leurs emplois. Elles ont donc besoin avant tout d’aide alimentaire. En partenariat avec le Programme alimentaire mondial, nous avons réussi à distribuer des céréales, des haricots et diverses denrées de base à 80 000 personnes et nous apportons également des compléments alimentaires à 20 000 enfants et femmes enceintes et allaitantes. Chaque mois, nous parvenons à distribuer pas moins de 1 200 tonnes de vivres dans les zones situées à proximité de la frontière camerounaise.

Relancer l'économie locale

Ces déplacements massifs de population ont un impact considérable sur les ressources et l’économie des zones d’accueil. Il est primordial, face à ce type de situation, de soutenir les marchés locaux et de contribuer de diverses manières à la reprise économique. Au-delà des distributions alimentaires d’urgence, la mise en place de système de coupons, qui permettent aux personnes dans le besoin de se procurer les aliments de base sur les marchés, fait partie des moyens que nous utilisons pour aider les personnes déplacées tout en stimulant l’économie locale. Nous souhaitons aussi aider la population à relancer les activités agricoles pour qu’elle puisse retrouver progressivement son autonomie.

Soutenir les victimes de violences

Avant de pouvoir trouver refuge, les personnes déplacées sont exposées à de nombreux dangers. A Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, nous concentrons nos efforts sur la protection des femmes qui, dans ce contexte d’insécurité, de déplacements massifs et de pénuries, sont nombreuses à être victimes de violences. Grâce à nos mobilisateurs sociaux et à des centres d’accueil spécialisés, nous apportons une première aide à ces femmes, en collaboration avec d’autres organisations. Nous avons aussi mis en place une hotline qui permet aux femmes victimes de violence de nous contacter directement et gratuitement. Et nous aidons financièrement les femmes les plus démunies, notamment les veuves.

Nous demandons la protection des populations civiles et des couloirs humanitaires

26 millions de personnes sont affectées par les combats opposant les forces armées de Boko Haram aux forces militaires . 14 millions de personnes ont aujourd’hui besoin d’une assistance humanitaire au Nigeria ! Si l’accès humanitaire est désormais possible dans certaines régions anciennement contrôlées par Boko Haram, les acteurs de l’aide continuent à rencontrer d’importante difficultés pour accéder aux personnes les plus exposées par ces violences. L’Etat nigerian ainsi que la communauté internationale doit garantir la protection des populations tel que le préconise la Convention de Kampala sur les déplacements internes des personnes. Les couloirs humanitaires doivent être maintenus afin d’apporter aux populations les plus affectées par la crise des services de première nécessité, tel que l’accès à la nourriture, à l’eau, aux soins et aux structures d’abris. Enfin, chaque action humanitaire doit être respectueuses des principes d’impartialité, d’indépendance et de neutralité.

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