Bannière sur la Journée mondiale des réfugiés #trouverrefuge

Les derniers chiffres viennent de sortir : 65.6 millions de personnes ont dû quitter leur lieu de naissance ou de résidence habituelle en 2016 pour fuir les violences liées aux conflits ou les effets dévastateurs des catastrophes climatiques ! Chaque année le HCR[1] publie son rapport sur les déplacements forcés dans le monde et dresse un bilan humanitaire à l’occasion de la Journée Mondiale des Réfugiés. Ce chiffre montre une progression de 300 000 personnes par rapport à 2015 où nous avions atteint un record jamais égalé depuis la Seconde Guerre Mondiale.

51%  des personnes déplacées de force sont des enfants ;  22.5 millions de personnes disposent du statut de réfugié tandis que 2.8 millions sont en demande d’asile notamment en Europe ou en Russie.

La part la plus importante des déplacements forcés reste néanmoins celle des personnes restées à l’intérieur de leur pays, en 2016 IDMC[2] enregistre 31,1 millions de personnes nouvellement déplacées entre 2015 et 2016 soit 3,3 millions de personnes de plus en un an, et l’équivalent d’une personne déplacée chaque seconde. Parmi elles, 6,9 millions ont fui les violences des conflits et plus de 24,2 millions des catastrophes naturelles.

Il est difficile d’estimer le cumul sur plusieurs années des personnes affectées par les catastrophes naturelles, en revanche nous savons que les personnes fuyant les conflits représentent quant à elle 40,3 millions à la fin 2016. Le rapport d’IDMC montre également que les pays les plus touchés par les déplacements internes sont les pays les plus pauvres.

L’augmentation la plus importante des déplacements liés aux conflits se situe en Afrique Sub-saharienne, notamment en République Démocratique du Congo et au Nigeria. Bien que les crises en Syrie, en Iraq et au Yémen enregistrent une légère baisse des déplacements entre 2015 et 2016, les conditions humanitaires demeurent plus qu’alarmantes depuis 6 ans. Si certaines régions connaissent une légère stabilité dû à des trêves temporaires des hostilités, la destruction des infrastructures permettant l’accès aux services de base tels que l’eau et l’électricité, plonge des millions de personnes dans des conditions inhumaines.

Par ailleurs, l’aide financière accordée aux pays les moins développés et connaissant le plus grand nombre de déplacements internes a diminué de 3,9% par rapport à 2015.

 

 

Nous appelons les Etats à retrouver une conscience collective !

Les 19 et 20 juin 2017 la Communauté Internationale se réunit aux Nations Unies pour une session de consultation en présence des Organisations de la Société Civile afin de construire une meilleure gouvernance mondiale des migrations.

Le Secours Islamique France a décidé de participer à cet événement pour rappeler que seule une lecture globale des déplacements forcés dans le monde permettra à ce que la Communauté Internationale réponde au mieux aux besoins des personnes pour qui partir a  surtout été une question de survie.

Les déplacements internes ne doivent pas être exclus des négociations internationales. Les Etats doivent impérativement assurer la protection des populations civiles et prendre des mesures coercitives vis-à-vis des belligérants qui violent les principes et le Droit international humanitaire.

Les Etats doivent réunir leurs efforts pour un partage équitable de l’accueil des réfugiés et des demandeurs d’asile, et dans le même temps anticiper les flux migratoires à travers la mise en place de voies légales. Aucune personne ne devrait être contrainte à retourner dans son pays, particulièrement lorsque celui-ci continue à connaitre des instabilités politiques.

En moyenne 5,3 millions de personnes dans le monde sont contraintes chaque année de fuir leur domicile et leurs proches depuis 2003 soit environ 15 000 personnes par jour !

Depuis deux ans la Communauté Internationale concentre tous ses efforts sur l’adoption de deux Pactes Mondiaux, l’un pour les Réfugiés, l’autre pour une Migration Ordonnée et Régulée. Cette volonté se traduit par le besoin que ressentent les Etats de renforcer le contrôle de leurs frontières.

Bien que l’ampleur des crises et des besoins nécessite en effet d’adopter des mesures exceptionnelles pour faire face à une situation dite exceptionnelle, le signe que renvoie la plupart des Etats demeure préoccupant pour la prise en compte des droits humains, lorsque l’on voit les frontières et les barrières qui s’érigent depuis plusieurs années, que ce soit pour les réfugiés et les migrants, pour les personnes qui retournent dans leur pays parfois de force ou encore pour celles qui sont restées dans leur pays.

Faisons de cette nouvelle journée mondiale des réfugiés celle d’une prise de conscience collective pour faire en sorte que chaque individu puisse vivre dans la dignité !

[1] Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, Global Trends 2016 http://www.unhcr.org/globaltrends2016/

[2] IDMC, GRID 2017